Le 9 novembre 2007 à l’Assemblée Nationale, le député vert Yves Cochet rétorquait à son homologue Jean Lassalle (député UDF des Pyrénées-Atlantiques) : « on s’éloigne du sujet ! ». M. Jean Lassalle venait de s’en prendre à l’organisation écologique la plus respectable au monde en déclarant tout de go : « …je connais quelques-uns des partenaires du Grenelle de l’environnement. Le trésorier de WWF a, pendant quarante ans, été le plus grand marchand de cigarettes du monde ; son groupe contrôlait 80 % de ce marché, responsable de tant de morts… ».Certes, les sources de M. Lassalle n’étaient pas tout à fait exactes. En guise de trésorier, il s’agit en fait d’un magnat des affaires sud-africain, Anton Rupert, mort début 2006 à l’âge de 89 ans. Ce dernier s’était enrichi dans le luxe et le tabac jusqu’à devenir l’un des principaux actionnaires de British American Tobacco (2ème producteur mondial de cigarettes).
Anton Rupert crée en 1968 la section sud-africaine de WWF, qu’il préside durant 35 ans. Membre du comité exécutif du WWF International de 1971 à 1990, cela ne l’empêche pas de poursuivre ses activités commerciales. Rupert est également l’initiateur en 1970 du « Club des 1001 », un fonds d’investissement très prospère (10 millions de $ à sa création) destiné à financer le fonctionnement du WWF. Nul doute que M. Rupert était un fervent défenseur de la responsabilité sociale !
Aujourd’hui, l’association WWF a une puissance d’action redoutable. Présente dans 96 pays et forte du soutien de 4,7 millions d’adhérents, elle dispose d’un budget de 320 millions de dollars, apporté pour près de 50% par des particuliers fortunés dont beaucoup sont issus du monde des affaires ou de la haute société aristocratique anglo-saxonne. A l’aube du XXIème siècle, le WWF contrôlerait plus de 10 % de la surface de la Terre !
Depuis ses origines, le WWF entretient des liens très étroits avec le British Colonial et le Foreign Office. Cette organisation, créée en 1961 par le célèbre biologiste britannique Sir Julian Huxley, a sans nul doute contribué au maintien de la maîtrise britannique sur les réserves naturelles situées dans les pays du Commonwealth.
Plusieurs universitaires argumentent la thèse selon laquelle « la colonisation britannique, porteuse de discriminations spatiales dans toute l’Afrique, a utilisé au XIXe siècle la conservation de la nature comme outil ségrégatif ». Les premières réserves animalières auraient ainsi joué un rôle stratégique indéniable, notamment dans les années 1960, où elles ont été le théâtre d’opérations militaires contre des groupes nationalistes. En 1989, plusieurs hauts responsables du WWF ont d’ailleurs été directement mis en cause dans des opérations mercenaires liées aux conflits militaires d’Afrique australe (« opération Lock »).
En juin 2007, la journaliste Sylvie Lasserre met en cause « certaines ONG [dont WWF] qui permettraient à des géants industriels de pratiquer la bioprospection dans les zones qu’elles sont censées protéger ». A côté des matières premières, nombre de plantes particulièrement utiles à l’industrie pharmaceutique représentent également un enjeu stratégique fondamental. A propos, un des cofondateurs du WWF International ne serait-il pas ancien vice-président du groupe pharmaceutique et chimique Hoffmann-Laroche ?





5 commentaires:
un très bon focus sur WWF camarade! Peut on dire qu'aucune organisation (gouvernementale ou non) de cette taille ne peut se couper des sphères de pouvoirs, impliquant des "services réciproques"???!
tres bon post!
je porterai un autre regard sur ces associations de protection de l'environnement...mefiance mefiance!
on peut pousser le raisonnement plus loin:
imaginons qu'au lieu de passer par la solution classique mais dangereuse d'une société miniere qui achete des terres vierges pour faire des forages de prospection, nous passions par le biais d'une asso comme le WWF.
cette asso s'assure que ces terres soient protégées via un batage médiatique qui soude la population derriere. le terrain est sécurisé vis à vis d'autres concurrents.
>comment justifier des forages? en prenant l'excuse de recherches scientifiques par exemple....des forages pour étudier les sous sols...la géothermie, la géologie etc.....
réveillez vous! car c'est ce qui se passe!
Je réagis à mt, il commence son raisonnement par "imaginons" et finit par "c'est ce qui se passe", et les sources, lm'imagination ne doit pas permettre non plus de créer la réalité. Ayons un regard critique sans tomber dans la théorie du complot systématique!
comme quoi il ne faut pas donner le bon dieu sans confession... enquête à poursuivre...
Il est bon de rappeler que les ONG ne sont pas des acteurs isolés et qu'elles interviennent dans des politiques de puissance soit étatiques soit entrepreneuriales soit un mixte des deux. Dans tous les cas, la meilleure façon de retrouver ces liens est de cartographier les personnes clés de ce type d'organisations. Et le parcours de certaines personnes est une arme inforationnelle redoutable comme le démontre trés bien ce poste.
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